17 mai 2009
Grosdidier vu par JL Masson et MJ Zimmermann
Délimitation des neuf circonscriptions législatives en Moselle :
Découpage ou charcutage ? GROSDIDIER analysé par MASSON et ZIMMERMAN
De 1958 à 1986, la Moselle
comportait huit circonscriptions législatives. Le découpage de
1986 a
ensuite créé dix circonscriptions. Toutefois en raison de l'évolution démographique, ce nombre doit être ramené à neuf. Depuis janvier 2009, le ministère de l'Intérieur, la préfecture et les parlementaires négocient donc à ce sujet. C'est l'occasion d'un bras de fer entre les nombreux parlementaires favorables à un découpage objectif et le député-maire de Woippy qui veut imposer un charcutage purement politicien.
Pour un découpage objectif et cohérent
Fin 2008, un accord se dégageait pour un découpage respectant les solidarités territoriales et les limites d'arrondissements tout en modifiant le moins possible les circonscriptions existantes.
L'actuelle circonscription de Rombas-Bouzonville avait été créée au mépris de toute logique en 1986 ; aucune autre en France n'est en effet formée de quatre cantons appartenant à quatre arrondissements différents. L'idée consistait donc à réintégrer chacun de ses quatre cantons dans leur circonscription d'origine (Rombas avec Metz I, Fameck avec
Thionville-Ouest, Metzervisse avec
Thionville-Est et Bouzonville avec Boulay-Saint-Avold). Par ailleurs, la circonscription de
Château-Salins-Sarrebourg ayant une population trop faible, il convenait de lui
adjoindre le canton de Grostenquin.
Ce découpage simple et cohérent se résume de la sorte :
• Les circonscriptions actuelles de Forbach, Sarreguemines,
Metz
Et et Metz ni restent inchangées ;
• Les circonscriptions actuelles de Thionville-Est,
Thionville-Ouest et Metz I sont agrandies d'un canton afin de
coïncider
avec les limites d'arrondissements (et d'ailleurs aussi avec les
limites des circonscriptions d'avant
1986);
• La circonscription
de Château-Salins-Sarrebourg est agrandie par le canton voisin de
Grostenquin. La
circonscription
de Boulay-Saint-Avold qui cède ce canton récupère en échange celui de Bouzonville,
ce qui rétablit
l'unité
des trois cantons de l’arrondissement de Boulay.
Cette solution était très consensuelle. Reçus en février par le préfet, sept des huit députés UMP se prononcèrent en sa faveur. De leur côté, le député socialiste LIEBGOTT et le sénateur TODESCHINI s'étaient exprimés dans le même sens (RL, 22/01/09). Enfin, reconnaissant implicitement l'impossibilité d'un statu quo pour la circonscription de Rombas-Bouzonville, la députée FILIPPETTI décidait de se présenter aux élections européennes.
Le charcutier de Woippy
La seule opposition frontale fut exprimée
par le député-maire de Woippy, lequel refusait d'intégrer le canton de
Rombas à sa circonscription. Ce canton appartient pourtant à l'arrondissement de
Metz-Campagne et faisait même partie de sa circonscription jusqu'en
1986. L
'intéressé n'en a pas moins tenu des propos très désobligeants sur ses habitants ainsi qu'à rencontre du maire d'Amnéville.
Pour parvenir à ses fins, il chercha d'abord à décaler toutes les circonscriptions situées le long de la frontière, y compris celle de Sarreguemines (article RL, 22/01/09). Face au tollé de ses collègues, il élabora ensuite un contre-projet, lequel fut évoqué par le secrétaire d'Etat, M. MARLEDC lors de ses diverses rencontres avec les parlementaires mosellans.
Ce contre-projet organisait un charcutage éhonté des cinq circonscriptions du secteur Metz-Thionville. Celles-ci étaient décalées à cheval sur les limites d'arrondissements et sans aucun respect des solidarités territoriales. Pire, la commune de Terville était même séparée du reste du canton deYutz.
• Avec ce contre-projet, la circonscription de Thionville-Ouest absorbait le
canton de Rombas. Pour l'équilibre
démographique,
elle cédait en contrepartie le canton de Fontoy à la circonscription de
Thionville-Est mais lui
prenait
curieusement la localité de Terville.
• Agrandie par le canton de Fontoy, la circonscription de Thionville-Est
cédait alors le canton de Metzervisse à
celle
de Metz EL Celle-ci cédait à son tour le canton de Pange à celle de Metz II,
laquelle cédait le canton d'Ars
à
celle de Metz I (donc au profit du député-maire de Woippy).
Epilogue... à suivre
Ce contre-projet est un charcutage sans scrupule au détriment de toute logique territoriale. Il suscite donc des réactions, scandalisées à droite comme à gauche.
Le ministre doit maintenant choisir entre deux découpages. L'un est honnête et respectueux des solidarités territoriales. L'autre relève d'une opération politicienne sans foi ni loi.
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